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Presse

Le Dauphiné Libéré - 6 avril 2019 - Justine BENOIT

Le Rwanda commémore ce dimanche le 25e anniversaire du génocide de 1994. Un traumatisme dont le pays a trouvé la force de se relever, mais qui continue de jeter une ombre sur les relations avec la France.

À plus de 9 000 km de Paris, le Rwanda s’apprête à commémorer la tragédie du génocide de 1994 ce dimanche. En trois mois à peine, d’avril à juillet, 800 000 personnes, en grande majorité des Tutsis, avaient été tuées.

Mireille Clapot, députée (LREM) de la Drôme, fait partie de la délégation des quatre députés envoyés sur place pour représenter la France. « Dans la capitale de Kigali, la modernité rend le passé moins visible. Mais sur les lieux des massacres, le génocide prend tout son sens », explique-t-elle, après avoir visité vendredi le mémorial de Nyamata, au sud de Kigali.

« Ne pas oublier »

Cette délégation représente officiellement la France et le président Emmanuel Macron, qui a décliné, pour des raisons officielles d’agenda, l’invitation du président rwandais Paul Kagame. Le symbole n’en est pas moins fort, puisque le député (LREM) des Côtes-d’Armor Hervé Berville, orphelin tutsi rwandais adopté par une famille française en 1994, prendra la tête du cortège, dimanche. « Notre présence est primordiale car ces événements sont le premier travail à faire pour ne pas oublier ce qu’il s’est passé il y a seulement 25 ans », affirme Mireille Clapot.

Les archives de la discorde

Malgré tous les efforts diplomatiques, une ombre continue de planer sur les commémorations : celle du rôle de la France dans la tragédie rwandaise. Le président Emmanuel Macron a ainsi annoncé vendredi, à l’issue de la rencontre avec l’association Ibuka France (« Souviens-toi »), principale organisation de survivants du génocide, l’ouverture à des historiens de toutes les archives. « Cette commission […] aura pour mission de consulter l’ensemble des fonds d’archives français relatifs au génocide, sur la période 1990-1994, afin d’analyser le rôle et l’engagement de la France durant cette période », selon l’Élysée (lire par ailleurs).

Les zones d’ombre sur le rôle de Paris avant, pendant et après ce génocide restent une source récurrente de polémiques. Et la réponse se trouve peut-être dans les archives de la présidence de François Mitterrand et celles de la DGSE.

Parmi les points les plus disputés, figurent l’ampleur de l’assistance militaire apportée par la France au régime du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, de 1990 à 1994, et les circonstances de l’attentat qui lui coûta la vie le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide.

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé le renforcement des moyens judiciaires et policiers pour poursuivre d’éventuels participants au génocide qui se trouveraient dans l’Hexagone. Spécialiste des droits de l’Homme, Mireille Clapot salue cette annonce : « On ne peut pas accepter que des gens qui aient commis ces atrocités puissent évoluer librement dans la société française ».

La lutte contre l’impunité est aussi, pour la députée, ce qui permettra qu’on n’oublie pas « que le cœur des hommes leur a permis de sortir de chez eux avec une machette et de tuer leurs amis, leurs voisins, leurs clients, leurs élèves… ».


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