Députée de la Drôme
Vice-Présidente de la Commission des Affaires étrangères
Membre de la Commission Supérieure du Numérique et des Postes

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Presse

La Croix - Mickaël Corre - 12 juin 2018

 

Il y a un an, les législatives aboutissaient à une assemblée majoritairement LREM et plus féminine que les précédentes.

Pour La Croix, cinq élues ont accepté de revenir sur leur parcours et leur vécu parmi des collègues encore essentiellement masculins.

Il y a un an, les Français élisaient l’Assemblée nationale la plus féminine de l’histoire : près de quatre députés sur dix sont aujourd’hui des députées. Un après les dernières législatives, La Croix a voulu savoir si cette féminisation massive avait abouti à modifier la vie et les pratiques d’une assemblée jusqu’ici connue pour son machisme.

Pour certaines parlementaires, rien n’a changé. Une députée interrogée, qui demande à rester anonyme, dénonce par exemple un « sexisme silencieux » au Palais-Bourbon. On l’aurait poussée à retirer sa candidature pour un poste à responsabilité au profit d’un homme. Un coordinateur de son groupe lui aurait dit : « Écoute, il est caractériel. S’il n’a pas le poste, il va ficher le bazar »…

Selon une autre parlementaire, députée de Dordogne, c’est en circonscription que se vivent les situations les plus difficiles. Le président de son département oublie par exemple systématiquement de mentionner « Madame la députée » dans ses discours…

Pour autant, ces anecdotes ne reflètent pas forcément un climat global. De nombreuses députées disent ne subir aucune misogynie en tant qu’élues, s’agaçant même du sujet : « est-ce que vous enquêtez pour savoir si les blonds se sentent mieux que les bruns au Palais ? » ou s’inquiétant de la vision victimaire des femmes qu’il pourrait véhiculer : « C’est sûr que si vous cherchez du sexisme, vous allez en trouver… » Rencontre avec cinq élues qui ont accepté de témoigner sur leur expérience au Palais-Bourbon.

« Certaines représentations de la femme demeurent »

Mireille Clapot, 54 ans (LREM, Drôme)

Rue de l’université, dans l’un des immeubles parisiens de l’Assemblée nationale. Mireille Clapot, 54 ans, monte dans un ascenseur à demi-plein. Elle appuie sur un bouton, se trompe et s’excuse. « Ah ! Les femmes et la technique… », lui lance un « vieux député ». Elle lui répond : « Monsieur, ce genre de remarques, ce n’est plus possible ». Et lui : « oh Madame, si on ne peut plus plaisanter. »

Députée LREM depuis juin 2017, Mireille Clapot est aussi ingénieur, diplômée de Centrale Paris. « Dès qu’il y a quelque chose à réparer à la maison, c’est moi qui m’y colle… » A l’Assemblée, ces situations sont rares, précise cette élue de la Drôme qui a exercé pendant 25 ans des responsabilités dans l’industrie. « Mais les représentations de la femme qu’elles véhiculent demeurent. » Il y a peu, elle a par exemple repris un collègue de son groupe qui se réjouissait à haute voix que les femmes mettent « de la couleur dans l’hémicycle ».

« C’est comme lorsque certains disent :”la féminisation de l’Assemblée, c’est bien. Ça introduit de la douceur et de l’empathie dans notre manière de faire les lois…” N’importe quoi ! » Cette nouvelle venue à la politique observe qu’à cause du stress ou du bruit, les femmes montent souvent dans les aigus dès qu’elles accélèrent le débit. En revanche dès qu’elles ralentissent, leur voix se pose. Et le silence se fait. « Je l’ai expérimenté lors de ma dernière question au gouvernement. »

Mireille Clapot appelle à sortir du « culte du surhomme », ce mythe selon lequel les députés n’éprouveraient jamais ni fatigue, ni sommeil. « Je ressens notamment parmi mes collègues beaucoup de compassion inquiète envers les jeunes parents, surtout les jeunes mamans. » Les rythmes imposés par le travail parlementaire, avec des séances qui se poursuivent tard la nuit, sont selon elle incompatibles avec une vie de famille


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