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La situation est en effet très préoccupante au Liban et sur plusieurs plans.

Au plan humanitaire d’abord.

Le Liban peuplé de 4 millions d’habitants, accueille plus d’un million de réfugiés venus de Syrie, en plus de quelques centaines de milliers de réfugiés palestiniens présents de longue date et de plus de 20 000 réfugiés originaires d’autres pays. Soit ¼ de la population libanaise.

Au plan politique la situation est aussi préoccupante.

Le premier ministre Saad Hariri, désigné pour former un gouvernement en octobre, n’y est toujours pas parvenu.

Cette situation inquiète les marchés et plombe la situation économique du pays déjà mal en point.

Alors que pour sortir de l’impasse, le pays a un besoin urgent d’investissements. Pour développer les infrastructures de transport, d’électricité, de gestion de l’eau et des déchets. Cela permettrait de rétablir la confiance des investisseurs et de stimuler la croissance. Or, sans gouvernement, ce n’est pas possible.

Par ailleurs la dette publique atteint 150 % du PIB, plaçant le Liban au troisième rang mondial des pays les plus endettés. Il est donc à se demander jusqu’à quand le Liban pourra tenir avec un tel niveau d’endettement.

Le Liban est un pays ami de la France de longue date. Elle souhaite l’aider. Ainsi a-t-elle organisé à Paris, en avril 2018, la conférence économique pour le développement du Liban par les réformes et avec les entreprises (CEDRE). Près de 50 États et organisations internationales y ont participé. Des représentants du secteur privé et de la société civile ont contribué aux travaux. L’objectif de la conférence CEDRE était, pour la communauté internationale, de soutenir le développement et le renforcement de l’économie libanaise dans le cadre d’un plan global de réformes et d’investissements d’infrastructures préparé par les autorités libanaises, présenté lors de la conférence. Or il est à craindre que l’absence prolongée de pouvoir exécutif ne provoque le retrait des promesses d’investissement, à hauteur de 9,7 milliards d’euros, pour redresser l’économie du pays du Cèdre.

Le groupe LREM soutient donc la France qui milite pour qu’un gouvernement soit maintenant formé au plus vite. Car il s’agit là d’une nécessité pour que la souveraineté, la sécurité et la stabilité du Liban prévalent dans un contexte régional difficile. C’est d’ailleurs, à cette condition que le président de la République a reporté sa visite au Liban qui était prévue pour le mois de février.

Le groupe LREM soutient également la France, dans l’assistance qu’elle continue d’apporter à l’armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure. Il soutient par ailleurs l’appel de la France au strict respect des résolutions du Conseil de sécurité pour que le calme soit maintenu le long de la ligne bleue, à la frontière entre le Liban et Israël.

Ma question portera sur l’influence grandissante de la Russie au Liban.

En effet depuis une année, plusieurs indices laissent entrevoir une volonté russe d’étendre son influence, déjà acquise en Syrie, au Liban.

Au plan militaire : la Russie a fait une proposition ambitieuse au Liban, en lui proposant, à hauteur d’un milliard de dollars, la livraison d’armes russes couplée avec une coopération militaire et technique, le tout assorti d’un taux d’intérêt à 0 % et remboursable sur quinze ans !

De même sur le plan économique : les liens libano-russes se renforcent. Ainsi, la compagnie russe Novatek a remporté l’appel d’offres lancé par le gouvernement libanais, en 2018, pour l’exploitation des ressources pétrolières et gazières dans les eaux territoriales libanaises.

Sur le volet diplomatique, la Russie s’investit notamment sur la question épineuse des réfugiés: en août 2018, elle a proposé un plan de retour de 900 000 réfugiés, en créant un centre spécifique pour le mettre en place.

Sur le plan culturel aussi, Moscou fait preuve d’une activité débordante. Trois centres culturels russes ont ouvert leurs portes au Liban l’été dernier.

Plus que la volonté de commercer ou d’implanter la langue russe, l’hyper présence russe au Liban ne serait-elle pas partie intégrante de la stratégie de Moscou d’élargir et de renforcer sa sphère d’influence au Moyen-Orient ? Au cours de vos échanges avec les principaux responsables politiques libanais, ce sujet a-t-il été abordé 


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