Députée de la Drôme (1ère circonscription)
Première Vice-présidente de la Commission Supérieure du Numérique et des Postes
Vice-Présidente de la Commission des Affaires étrangères

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Déplacement dans la délégation présidentielle à Erevan pour le sommet de la francophonie


Cette mission en Arménie correspondait pour moi de la commission à un triple objectif :
- assister au XVIIème Sommet de la Francophonie afin de m’imprégner des enjeux de cette instance, et pouvoir y porter mon action pour les droits des femmes à l’international
- marquer mon soutien aux Arméniens, sous l’angle « droits humains », dans le prolongement de mon déplacement à Istanbul le 24 Avril 2018.
- témoigner de mon attachement à la communauté arménienne, importante dans ma circonscription de la Drôme, particulièrement affectée par le récent décès de son ambassadeur Charles Aznavour.
La délégation qui accompagnait le président Macron, dont je faisais partie, se composait de parlementaires du groupe d’amitié France Arménie et de députés engagés pour la Francophonie.
Durant ma mission, j'ai également côtoyé Nicolas Aznavour et son épouse, Audrey Azoulay (directrice générale de l’Unesco), Leïla Slimani (représentante du Président sur la Francophonie), Serge Lama (chanteur), Hélène Carrère d’Encausse (secrétaire perpétuelle de l’Académie Française), Erik Orsenna (académicien), André Manoukian (musicien), Youri Djorkaeff (footballeur), et plusieurs descendants d’Arméniens passionnés par les changements en cours dans ce pays. Je les ai convaincus de l’importance d’aller en Turquie le 24 Avril pour soutenir les militants des droits humains et les journalistes. Le droit de mentionner le génocide de 1915, de réfléchir à cette histoire difficile, de manifester pour la liberté d’expression, doit être reconquis, et les Français ont leur rôle à jouer en ce sens.

L’émotion était palpable lors du moment de recueillement au Mémorial du Génocide à Erevan, puis durant la visite du musée avec le Président de la République. Comme il l’a écrit dans le livre d’or, la France a joué un rôle en plusieurs occasions vis-à-vis des Arméniens, et nous devons le combat pour la reconnaissance à ceux qui « sont tombés, les yeux plein de soleil » et qui « ne voulaient que vivre », comme l’a chanté Charles Aznavour.

Accueillis par Nicolas Aznavour à la maison dédiée au grand chanteur, dotée d’un balcon sur le mont Ararat, ils ont évoqué le souvenir de cet immense chanteur 100% français, 100% arménien, dont la fondation perpétue la mémoire. En soirée, un concert de Zaz, Angélique Kidjo, Mélody Gardot, Serge Lama a réuni 80 000 personnes place de la République, avec une ferveur extraordinaire du public, tant pour les artistes que pour les chefs d’état arménien, français, canadien, belge qui assistaient au spectacle.
Quant au 17ème Sommet de la Francophonie, il s’est ouvert jeudi 11 octobre au centre des Congrès sur les hauteurs de Erevan. C’est très impressionnant de voir ainsi 54 chefs d’état rassemblés, avec comme richesse commune la langue française, et des projets communs. Cet espace de 300 millions de locuteurs s’est doté d’une instance, lancée dans les années 70 par l’Afrique, qui partage des valeurs humanistes, de démocratie, d’accès aux services de santé et d’éducation. Les chefs d’état se rassemblent tous les deux ans et signent des textes permettant d’œuvrer en ce sens. 
La diplomatie, c’est l’art de la parole, et les quelques discours auxquels j'ai assisté ont été très marquants. D’abord Nikol Pachinian, premier ministre depuis mai 2018 à la faveur d’une « révolution de velours » suite aux manifestations sur la place de la République à Erevan. Nikol Pachinian s’est exprimé en français, très fier (à juste titre !) que son pays soit capable d’organiser une manifestation de cette ampleur, conscient des enjeux qu’un petit pays comme le sien, marqué par le génocide de 1915, porte dans une communauté francophone. Le Président Macron a ensuite prononcé un discours brillant sur cette richesse qu’est la langue française, langue de création, qui doit pousser à conquérir la jeunesse, y compris via le multilinguisme. Il a suggéré plusieurs projets, dont le lancement d’un congrès des écrivains de langue française, la réhabilitation du château de Villers Cotterêts où François 1er a instauré en 1539 le français comme langue de l’état français, et il a martelé l’importance de l’Afrique dans la communauté francophone.

L’égalité femmes/ hommes a été mentionnée par notre président, mais également par le Président du Niger qui met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes filles : mariages forcés, grossesses précoces, et l’importance de leur permettre d’aller à l’école et de devenir autonomes. Je me suis réjouie de pouvoir compter de façon renouvelée sur l’Organisation Internationale de la Francophonie pour porter les « propositions pour une diplomatie féministe » que j'ai rédigé dans le cadre de sa mission sur les droits des femmes à l’international, avec le Sahel comme zone prioritaire.

Enfin, vendredi ; les chefs d’état ont élu Denise Mushikiwabo comme secrétaire générale de la Francophonie en remplacement de Michaelle Jean. Cette candidate, soutenue par l’Union Africaine, a été élue par consensus des chefs d’état. Cette élection est un signal fort et positif en direction des pays du Sud. Elle affirme, en effet, la place centrale que doit occuper l’Afrique et le rôle moteur que doit jouer ce continent dans la promotion de la francophonie. En 2050, 85% des francophones seront sur le continent africain. 

Il s’agit également, de promouvoir l’idée d’une francophonie ouverte au plurilinguisme. Comme l’a dit le Président de la République lors de la cérémonie d’ouverture « Se battre pour la Francophonie, ça n'est pas se battre pour rétrécir dans notre langue (…) C’est reconnaître la part d’échange, de traduction qu'il y a dans et par le français ». Louise Mushikiwabo, diplomate d’expérience, est l’incarnation de ce multilinguisme, richesse pour la francophonie. 

Nous serons plus de 700 millions de francophones en 2050. La francophonie est un formidable outil face aux enjeux économiques, sociaux, environnementaux et climatiques que nous connaissons au niveau mondial, et la nouvelle secrétaire générale l’incarnera.

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